Il y a des lézards sur les murs
Qui se glissent dans les interstices
Il y a des maçons pour colmater les brèches
Et des infirmiers pour panser les plaies
Recoudre, recoudre encore
Soigner la béance
Il y a des fissures qui s’aggravent
Des climats délétères
Des poissons somnifères
Des envies mortifères
Il y a des formes que l’on ne distingue plus
Qui avancent ensemble
Collées les unes aux autres
En un corps intense et magistral
Il y a des regards qui transpercent
Et d’autres qui dépècent
Des gestes qui divisent
D’autres que l’on fait sans trop réfléchir
Il y a
Il y a
Il y a tant de choses encore
Des fêlures dans les cœurs
Des brisures sur les corps
Des printemps où rien n’éclot
Dans l’assèchement et l’aridité des terreaux
Il y a des silences féconds
Et ceux que l’on n’entend pas
Il y a
Il y a
Des glissements, des écarts, des postures
Des sentiments, des avions, des autruches
Des têtes coupées,
Des vies à venger
Il y a
Il y a
Des fêlures que l’on ne guérit pas
Et qui assèchent
Les cœurs ouverts qui ruissellent
Brisés par le vent et le battement d’elle
Il y a des désirs – un ruisseau
Et le ruisseau s’engage vers le fleuve
Le fleuve vers la mer
Une marée immobile
Sur des vagues sublimes
The dharma-eye has no crack
The dharma-eye has no crack