Mes mots ne sont pas mes maux
Maman mes mots
Tiennent debout à présent
Seuls, articulés,
Se répandant au sortir de ma bouche
Cohabitant avec le silence
Mes mots ne sont pas les miens
Ils ne m’appartiennent pas :
Les mots d’esprit, les mots du cœur
Que la raison ignore
Des mots et d’autres mots encore
– Endormis
Les murs sont blancs
Les meubles ont disparu
J’erre sur la mezzanine et contemple
Ce lieu que je ne cesse de découvrir
Les contours des poutres dessinent des visages amis
Des géants aux yeux mi-clos qui chuchotent
Des compagnons pour l’instant
Les maux, Maman, sous des mots se cachent
Les mots, Maman, sous des cordes vibrantes, se lâchent
Mes mots à présent
Que je me tiens debout
Me traversent et se répandent
Au sortir de ma bouche
Mes mots à présent
Que je me tiens debout
Ne m’appartiennent plus :
Sténographe des pensées qui s’écoulent
À l’écoute
– Qui écoute ?
Les maux, maman
Ont changé de nature :
Mutation organique
Mutation générique.